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Un roman d’espionnage à la française, pourquoi pas. Après tout il n’y a pas que John le Carré ou Len Deighton. Et puis de dire que Vincent Crouzet est de la maison, c’est vendeur. Donc j’ai acheté, version Kindle.

On va suivre le retour de Laure qui a vécu un drôle de truc en Afghanistan. Rapatriée, son supérieur la place à la sécurité des grandes oreilles de la DGSE, pas loin du mont Ventoux. L’espionnage n’est pas obligé de se dérouler à l’ancienne dans les villes humides et froides de l’Europe Centrale. Du plateau d’Albion au désert rocailleux, les options sont nombreuses.

Donc, Laure. Suivie par le colonel Montserrat, un vieux de la vieille (école ?). Et puis l’agent Marco, principale source d’information sur le nucléaire iranien. Vous secouez, et vous servez. Alors, bien sûr, l’aventure de Laure ne va pas s’arrêter aussi facilement, trop simple.

Que s’est-il passé en Afghanistan ? Marco découvert par le contre espionnage iranien va t il être exfiltré ? Montserrat sauvera-t-il sa tête ? On pense rapidement au Bureau des Légendes

Certes l’écriture est servie par un stylo trempé dans du kevlar, et la narration est aussi décousue qu’une opération ratée du Service Action. Et puis les détails techniques, les acronymes et les dénominations d’unités peuvent en rebuter certains. A se demander si cela ne fait pas partie d’un cahier des charges. Gérard de Villiers avait son quota de scènes de fesses. Le lauréat du prix du Quai des Orfèvres doit montrer qu’il maitrise les notions de substitut du procureur et de GAV (et accessoirement connaitre la couleur des chiottes du deuxième étage du 36). Bon, avec Vincent Crouzet on nage avec les finex, le COS, le dircab, le DO, les HK et j’en passe. Bref, pour des initiés, ça passe, mais pour les autres…

Mais cela fonctionne bien malgré tout et l’auteur ne manque pas d’un certain lyrisme (nourri par l’absence d’une structure sujet verbe complément). Ce qu’on perd en style, on le gagne en immersion.

 

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